Olivier Ribouis, journaliste et expert en vérification des faits et lutte contre la désinformation au Groupe Banouto/Badona
Mis en œuvre dans le cadre du projet SAWARA, l'atelier a réuni des acteurs communautaires venus renforcer leurs capacités afin de mieux prévenir et contrer les désordres de l'information dans leurs localités. Après une première session organisée à Parakou du 24 au 26 mars 2026 au profit de quinze leaders communautaires issus des communes de Savè, Bantè, Ouèssè, Tchaourou et Kandi, cette deuxième étape s'est tenue à Dassa-Zoumè.
En ouvrant les travaux, le chargé de projet de l'Institut pour la gouvernance démocratique (IGD), Daniel Amagbegnon, a souhaité la bienvenue aux participants avant de rappeler les différentes composantes du projet SAWARA. Il a insisté sur la pertinence de cette initiative destinée aux Cadres communaux de concertation engagés dans la lutte contre les désordres de l'information et la promotion de la cohésion sociale.
Les partenaires techniques ont ensuite présenté les grandes lignes des activités prévues durant les trois jours. Au nom du Groupe Banouto, Olivier Ribouis a présenté les contenus pédagogiques consacrés à l'éducation aux médias et à l'information ainsi qu'à la vérification des faits. De son côté, Deo Gracias Adjibi, représentant de Street Hum'Art, a exposé les activités artistiques qui accompagneront les sessions de formation dans le cadre de l'approche EMI-Art.
Saluant les résultats obtenus lors de la première session de Parakou, le Directeur général de l'Institut pour la gouvernance démocratique (IGD), Dr Azizou Chabi Imorou, a rappelé les objectifs poursuivis par cette nouvelle formation.
Selon lui, les participants allaient travailler avec les experts de Banouto sur des modules pratiques leur permettant de comprendre les mécanismes de la désinformation, d'identifier une infox grâce à des méthodes simples adaptées au contexte d'oralité, d'adopter les bons réflexes de gestion et de circulation responsable de l'information, puis de reproduire ces apprentissages au sein de leurs communautés.
Le directeur général de l'IGD a également annoncé la découverte de Ask VERA, un outil de vérification de l'information conçu pour le contexte africain et appelé à renforcer les capacités des acteurs communautaires dans leurs activités quotidiennes de veille et de sensibilisation.
« Vous avez un rôle de pare-feu à jouer »
Procédant à l'ouverture officielle de l'atelier, le préfet du département des Collines, Dr Saliou Odoubou, a salué le choix porté sur Dassa pour accueillir cette deuxième session.
S'adressant aux bénéficiaires, il a insisté sur leur responsabilité dans la lutte contre la désinformation. « Pour que les communautés soient vraiment résilientes au regard de la désinformation, vous avez un rôle de pare-feu à jouer. Je voudrais vous demander qu'après cette formation qui va durer trois jours, vous soyez dans une proactivité qui nous permettra de donner le meilleur de vous-mêmes. »
Évoquant plusieurs épisodes récents de désinformation enregistrés dans le département des Collines, il a exhorté les participants à s'approprier pleinement les méthodes et outils présentés.
« Je vais vous demander de faire en sorte que les outils et toute la technique qui seront mis à votre disposition, que vous vous en donniez vraiment afin que nous puissions gérer ou contrer au mieux la désinformation. »
La cérémonie d'ouverture a également été marquée par la présence de Célia Dédé d'Almeida, Directrice pays du NIMD Mali, venue témoigner son soutien à l'IGD et aux partenaires du projet.
Neuf modules pour comprendre, vérifier et sensibiliser
Animée par les experts du Groupe Banouto, la formation s'est articulée autour de neuf modules conçus pour répondre aux réalités de la circulation de l'information en milieu communautaire.
La première journée, conduite par Olivier Ribouis, journaliste et expert en vérification des faits et lutte contre la désinformation au Groupe Banouto/Badona, a permis aux participants d'acquérir les bases nécessaires pour comprendre le phénomène. Trois modules ont été développés : une introduction générale à la désinformation, la conception d'activités de restitution et de sensibilisation contre les infox en milieu communautaire, puis une présentation des différents types de désordres de l'information et un accent sur la FIMI.
La deuxième journée a approfondi les aspects pratiques de l'éducation aux médias et à l'information. Dorice Djèton, experte genre et médias, spécialiste en EMI, et Olivier Ribouis ont successivement animé trois nouveaux modules consacrés aux notions fondamentales de l'EMI, aux techniques de vérification des faits adaptées aux contextes où l'information circule principalement par voie orale, ainsi qu'aux réflexes de gestion d'une infox et aux principes d'une communication responsable.
Les participants ont notamment été initiés à des méthodes simples de vérification, à l'identification des indices de manipulation, à l'utilisation de sources communautaires fiables, à la recherche inversée d'images avec Google Lens ainsi qu'à l'utilisation de l'outil Ask VERA.
La troisième journée a été consacrée aux dispositions légales encadrant la répression des contenus abusifs en ligne au Bénin, à une présentation approfondie de l'assistant de vérification Ask VERA et à des exercices pratiques de réplication. Répartis en groupes, les participants ont simulé des séances de restitution destinées à leurs communautés afin de préparer les campagnes locales de sensibilisation qu'ils mèneront après la formation.
Des bénéficiaires mieux préparés à lutter contre les infox
Au terme des trois jours, les participants ont salué une formation essentiellement pratique. Ils affirment avoir acquis une meilleure compréhension des mécanismes de la désinformation, des techniques de vérification des faits adaptées au contexte d'oralité, des principes de l'éducation aux médias et à l'information, des dispositions légales applicables aux contenus abusifs en ligne ainsi que des fonctionnalités de l'outil Ask VERA.
Plusieurs bénéficiaires expliquent avoir développé le réflexe de vérifier systématiquement les informations avant tout partage, d'utiliser des sources communautaires crédibles, d'exploiter des outils numériques comme Google Lens et Ask VERA, mais aussi de concevoir des activités de sensibilisation destinées aux populations à la base, y compris dans les langues locales.
Pour eux, cette formation représente également une évolution de leurs pratiques citoyennes. Ils disent avoir adopté une utilisation plus responsable des réseaux sociaux, renforcé leurs connaissances sur les phénomènes informationnels contemporains et acquis de nouvelles compétences pour promouvoir la cohésion sociale dans leurs communes.
Une fresque pour prolonger le message dans l'espace public
Les travaux se sont achevés le 30 juillet 2026 par l'inauguration de la fresque EMI-Art, réalisée par les artistes de Street Hum'Art sur le mur du CEG 1 de Dassa. Cette œuvre artistique constitue un support permanent de sensibilisation destiné à rappeler aux populations l'importance de vérifier les informations avant de les partager et de contribuer à la préservation de la cohésion sociale.
Le projet « Intégrité de l'Information et Cohésion Sociale au Bénin – SAWARA », financé par l'Union européenne, est mis en œuvre sous le lead de CFI Médias par l'Institut pour la gouvernance démocratique (IGD), en partenariat avec Filles en Action, Fondation Hirondelle, Groupe Banouto, Street Hum'Art, Brut Afrique et Ask VERA.
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