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Forum Diaspora Connect 2026 au Bénin : le Professeur Kakpo présente le Vodun comme un levier de développement économique

Forum Diaspora Connect 2026 au Bénin : le Professeur Kakpo présente le Vodun comme un levier de développement économique

Le Professeur Mahougnon Kakpo, président du comité des rites vodun a exposé, jeudi 30 juillet 2026, au Forum Diaspora Connect, à Cotonou, comment le vodun, patrimoine culturel du Bénin constitue un levier de développement économique.

Le Professeur Mahougnon Kakpo, président du comité des rites vodun a exposé, jeudi 30 juillet 2026, au Forum Diaspora Connect, à Cotonou, comment le vodun, patrimoine culturel du Bénin constitue un levier de développement économique.

Mahougnon Kakpo, président des rites vodun

Mahougnon Kakpo, président des rites vodun

Et si le Vodun, longtemps réduit à une simple curiosité culturelle, devenait l'un des piliers de la croissance économique béninoise ? C'est la conviction défendue par le Professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des rites Vodun, à l'occasion de la 2ᵉ édition du Forum Diaspora Connect, tenue les 30, 31 juillet et le 2 août 2026 à Cotonou. La rencontre se déroule sous le thème : « Le Rêve béninois : un idéal à construire avec les talents d'ici et d'ailleurs ».

 

 

Devant un public mêlant jeunesse locale et diaspora, le conférencier a d'emblée situé le débat. « Dans le concept des nations aujourd'hui, ce que nous (le Bénin) avons à apporter de fondamental et d'exceptionnel, c'est le Vodun », a-t-il lancé, avant d'ajouter : « comme ce Vodun-là nous caractérise, que nous sommes sur la terre du Vodun, nous allons donc partir du Vodun pour aller vers le développement ».

 

 

Le point d'entrée de cette stratégie, selon lui, porte un nom précis : le tourisme religieux. « C'est une activité économique, culturelle, qui génère beaucoup de ressources, mais des ressources prévisibles », a-t-il insisté, citant des pays qui « vivent en grande partie de ça » dont l’Arabie Saoudite. Une prévisibilité qui, selon le conférencier, en fait un secteur particulièrement stratégique pour un pays comme le Bénin. Il a d'ailleurs esquissé les conséquences très concrètes de cette ambition sur le terrain : « ceux qui vont venir visiter le pays, les lieux saints, les lieux sacrés, les rituels, il faut qu'ils puissent dormir dans des hôtels ».

 

 

Pour amorcer cette dynamique, le gouvernement béninois a déjà engagé plusieurs chantiers, à commencer par le projet de la Route des couvents Vodun. « Le projet consiste à partir, dans une ville donnée, d'un couvent Vodun qui existe, à réfectionner ce couvent-là et à le restituer aux propriétaires pour que les visiteurs viennent découvrir ce que c'est qu'un couvent Vodun », a détaillé le Professeur Kakpo. À Ouidah seul, cinq couvents sont concernés par ces travaux : le couvent Sakpata à Zoungbodji, le Temple de python, le couvent Zohoué, la forêt sacrée de Kpassè et le couvent Mami Atoligbé.

 

 

Mahougnon Kakpo a insisté sur la dimension pédagogique et progressive de ce circuit touristique, qu'il a décrit comme un jeu de piste initiatique : « lorsque, par exemple, vous allez au couvent Sakpata, et après la visite, on va vous demander : est-ce que vous connaissez le Vodun Hèbiosso ? Vous allez dire non, on va vous demander d'aller à Porto-Novo ». Et la logique se poursuit de ville en ville, jusqu'à Abomey, jusqu'à Adjara. Selon lui, c’est une manière d'amener le visiteur à parcourir tout le territoire national à la découverte du panthéon Vodun.

 

 

Il a fait référence à Porto-Novo, justement, un autre symbole fort de cette ambition patrimoniale doit voir le jour prochainement : le Musée international du Vodun. Construit sur sept hectares et réparti en quatre salles, l'édifice est, selon le président des rites voduns, sur le point d'être inauguré. « Vous allez voir ce que votre gouvernement est capable de construire pour le Bénin, pour que les visiteurs viennent », a-t-il lancé à l'assistance. Le musée devrait également abriter un centre de recherche ouvert aux mémoires et thèses universitaires consacrées au Vodun, ainsi qu'un institut d'enseignement baptisé Ifa Oroumila.

 

 

Au-delà du Vodun 

Cette offensive muséale, a précisé le Professeur Mahougnon Kakpo, ne se limite pas au seul Vodun. Elle englobe également le Musée des Rois et Amazones du Danxomè, le Musée international de la mémoire de l'esclavage à Ouidah, ainsi qu'un futur musée d'art contemporain prévu au quartier culturel et créatif de Cotonou.

 

 

Au-delà des infrastructures, le conférencier a tenu à démontrer comment cette stratégie religieuse et patrimoniale irrigue l'ensemble de l'économie locale. « Lorsque vous rentrez dans le pays, la restauration, le transport terrestre, le service des guides se développent. Et lorsque tout cela se développe, c'est la croissance qui est ainsi accélérée », a-t-il expliqué. Un raisonnement qui, selon lui, concerne directement la diaspora présente dans la salle. « La diaspora peut partir de là pour construire des services sur la base de ces événements-là et venir dans le pays. Et tout en faisant développer le pays, la diaspora elle-même trouve son compte », a-t-il fait remarquer. 

 

 

Le Professeur Kakpo a par ailleurs annoncé que ce tourisme religieux serait bientôt complété par un tourisme mémoriel et diasporique, à travers la création d'espaces de mémoire dédiés autant à la nation qu'aux descendants de personnes déportées. L'objectif affiché est de basculer des activités aujourd'hui essentiellement saisonnières vers un modèle permanent, générateur d'emplois accessibles sans qualification préalable. « On peut apprendre ça sur le terrain rapidement et on peut commencer à être employé », a-t-il fait valoir, y voyant une réponse concrète au chômage des jeunes.

 

 

Pour l’universitaire, « le Vodun est un trésor et c'est une chance ». Aujourd'hui, ce que nous faisons, explique-t-il, « c'est de déconstruire le narratif du Vodun pour que, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, l'on comprenne que le Vodun est une chance pour le pays ». Le travail, assure-t-il, va se « poursuivre sur cette route pour aller jusqu'au bout, et jusqu'au bout sans trêve ».

 

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